Par le Dr. Alexis A.W. Do Santos, sous la direction du Pr A. El Maghraoui
L’ostéoporose constitue aujourd’hui un problème mondial de santé publique. Sa prévalance est grandissante du fait de l’augmentation de l’espérance de vie. L ’ostéodensitométrie par absorptiométrie biphotonique (Dual X Absorptiometry = DXA) est devenue la méthode de référence pour sa mesure. Pour suivre les patients et juger de l’efficacité thérapeutique, il est devenu très courant de répéter les mesures de la densité minérale osseuse (DMO). Le clinicien doit savoir si le changement observé est dû à un réel effet thérapeutique ou à une erreur de mesure. Le but de cette étude était de mesurer la reproductibilité de l’ostéodensitométrie et d’analyser l’influence de certains facteurs : le site de mesure, le statut clinique, la valeur de la DMO, l’âge, et autres (indice de masse corporelle, surface balayée lors de la mesure, sexe et statut ostéoporotique).
Nous avons recruté 222 sujets adultes répartis en trois groupes cliniques : I = 60 sujets jeunes âgés de 28,2 ± 5,5 ans; II = 60 sujets suivis pour un rhumatisme inflammatoire chronique et âgés de 47,1 ± 12,8 ans ; III = 102 femmes ménopausées âgées de 58,1 ± 7 ans. Tous les participants ont donné leur consentement verbal. La DMO a été mesurée à deux reprises avec un temps de repositionnement variant entre 30 minutes et une semaine. les mesures ont été effectuées sur le même appareil (DXA type lunar prodigy) au centre de rhumatologie et de rééducation fonctionnelle de l’hôpital militaire Mohamed V de Rabat. La reproductibilité a été exprimée par plusieurs méthodes statistiques : la plus petite différence détectable (smallest detectable difference = SDD), le coefficient de variation (CV), la plus petite différence significative (least significant change = LSC) et le cœfficient de corrélation intra-classe (CCI). L’influence de différents facteurs sur la reproductibilité a été étudiée par régression linéaire multiple. La différence moyenne entre les deux mesures a été de -0,0001 g/cm2 au rachis lombaire (RL) et de -0,0004 g/cm2 aux cols fémoraux (CF). Le SDD, le CV, le LSC et le CCI ont été respectivement de ±0,04 g/cm2 ; 2,02 % ; 5,60 % ; et 0,993 au rl. Aux CF nous avons eu respectivement 0,02 g/cm2 ; 1,29 % ; 3,56 % ; et 0,997. Aucun des facteurs analysés n’a influencé de manière significative la mesure de la DMO.
Le clinicien devra savoir que la différence des mesures de DMO n’est significative que lorsqu’elle excède ± 0,04 g/cm2 ou 5,60 % au rachis lombaire. Aux cols fémoraux la variation pourra être considérée significative si elle excède ± 0,02 g/cm2 ou 3,56 %. le SDD est le meilleur paramètre statistique pour le suivi individuel des patients car il exprime une erreur constante et porte la même unité que la DMO (g/cm2).
TABLEAU : RÉCAPITULATIF DE LA REPRODUCTIBILITE DES MESURES DE DMO.
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Sujets Jeunes n = 60 RL CF |
Rhumatismes Inflammatoires n = 60 RL CF |
Femmes Ménopausées n = 102 RL CF |
POPULATION TOTALE ETUDIEE n = 222 RL CF |
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DMO (g/cm2)Moyenne des 2 mesures |
1,156 |
1,062 |
1,003 |
0,924 |
0,943 |
0,878 |
1,017 |
0,940 |
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Biais (IC à 95%) |
-0,0071 (± 0,005) |
-0,0001 (± 0,003) |
-0,0042 (± 0,006) |
0,0027 (± 0,004) |
0,0015 (± 0,004) |
0,0006 (± 0,002) |
-0,0001 (± 0,003) |
-0,0004 (± 0,002) |
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DS (g/cm2) Erreur aléatoire sur la mesure. |
0,0206 |
0,0111 |
0,0230 |
0,0146 |
0,0180 |
0,0109 |
0,0205 |
0,0121 |
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SDD (en g/cm²) 95% des limites de l’agrément. |
± 0,0403 (-0,047 à 0,033) |
± 0,021 (-0,022 à 0,022) |
± 0,0450 (-0,049 à 0,041) |
± 0,0286 (-0,031 à 0,026) |
± 0,0353 (-0,037 à 0,034) |
± 0,0213 (-0,022 à 0,021) |
± 0,0403 (-0,040 à 0,040) |
± 0,0237 (-0,024 à 0,023) |
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CV (%) |
1,78 |
1,05 |
2,29 |
1,58 |
1,91 |
1,24 |
2,02 |
1,29 |
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LSC (%) |
4,94 |
2,90 |
6,35 |
4,38 |
5,29 |
3,44 |
5,60 |
3,56 |
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CCI (IC à 95%) |
0,9825 (0,9686 à 0,9899) |
0,9955(0,9925 à 0,9973) |
0,9914 (0,9856 à 0,9948) |
0,9961 (0,993 à 0,9977) |
0,9937 (0,9906 à 0,9957) |
0,9961 (0,9942 à 0,9973) |
0,9933 (0,9913 à 0,9948) |
0,9969 (0,9960 à 0,9976) |
DS est la dérivation standard de la différence des mesures. SDD (Smallest Detectable Difference) est la plus petite différence détectable (exprimée en g/cm²). CV est le coefficient de variation (en %). CCI est le coefficient de corrélation intraclasse (en %). LSC (Least Significant Change) est la plus petite différence significative (en %).