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L’ASAS et l’EULAR en 2006
ont rédigé les premières recommandations concernant la prise en charge générale
de la la spondylarthrite ankylosante (SA). Ces recommandations ont été élaborées
par et pour des professionnels de santé. Ce travail correspond à l’adaptation de
ces recommandations pour une lecture et diffusion auprès des patients eux-mêmes.
Dix-huit patients de pays différents ont été associés à cette réunion de
consensus (en compagnie d’experts et de représentants d’associations). Le groupe
de travail s’est inspiré d’un document « patient » rédigé au Canada. Chaque
patient a initialement proposé une adaptation des recommandations ASAS – EULAR
(simplification du texte, éviction des termes médicaux...).
Recommandation n° 1 : Principes généraux de prise en
charge
Le traitement de la SA devrait être spécifiquement adapté à chaque patient en
fonction de :
- la façon dont la maladie affecte en général le patient (rachis, articulations,
zones d’insertion des ligaments et des tendons, autres localisations) ;
- l’importance des symptômes, les constatations de l’examen et les modalités
susceptibles de prédire la progression de la maladie comme :
. l’activité de la maladie / l’inflammation ;
. la douleur ;
. la fonction et le handicap ;
. les lésions de la colonne vertébrale et des hanches ;
- les conditions médicales générales (âge, sexe, autre maladie, médicament) ;
- les souhaits et les attentes des patients.
Recommandation n° 2 : Surveillance de la maladie
- La surveillance de la maladie devrait être associée à la perception de la
santé par le patient. Ceci inclut l’interrogatoire du patient (notamment par
questionnaire), l’examen clinique, les tests biologiques et d’imagerie (comme
les radiographies standard), et le recours à des scores composites comme ceux
recommandés par l’ASAS.
- La fréquence du suivi devrait être décidée à l’échelon individuel en fonction
des symptômes, de la sévérité de la maladie et des médicaments proposés.
Recommandation n° 3 : Stratégie de prise en charge
La prise en charge optimale de la SA justifie la combinaison de traitements non
médicamenteux et de traitements médicamenteux.
Recommandation n° 4 : Traitements non médicamenteux
Les traitements non médicamenteux de la SA devraient inclure l’éducation du
patient et la pratique régulière d’exercices. La physiothérapie à l’échelon
individuel ou en groupe supervisé par un thérapeute qualifié devrait être
envisagée. Les associations de patients et les groupes de malades peuvent être
utiles.
Recommandation n° 5 : Traitements anti-inflammatoires
- Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont recommandés comme les traitements
de 1ère intention pour les sujets ayant une SA et souffrant de douleur et de
raideur.
- Pour les patients ayant des facteurs de risque digestifs importants, 2 options
sont à considérer :
. associer un traitement qui protège l’estomac ou
. envisager un traitement anti-inflammatoire associé à un moindre risque de
toxicité gastrique (inhibiteurs sélectifs de Cox2).
Recommandation n° 6 : Antalgiques
Les antalgiques comme le paracétamol et les opioïdes pourraient être envisagés
pour mieux contrôler la douleur quand le traitement anti-inflammatoire :
- n’a qu’une efficacité partielle ;
- a été responsable d’effets indésirables ;
- ou ne peuvent pas être utilisés pour d’autres raisons médicales.
Recommandation n° 7 : Corticoïdes
- Les infiltrations locales de dérivés corticoïdes peuvent être envisagés.
- Le bénéfice des corticoïdes délivrés d’une autre façon mais pas prouvé quand
la maladie se limite à l’atteinte de la colonne vertébrale.
Recommandation n° 8 : Traitements de fond
- Il n’y a pas de preuve d’efficacité de ce que l’on appelle les traitements
antirhumatismaux de fond comme la sulfasalazine ou le méthotrexate pour le
traitement de la SA dans sa forme axiale.
- La sulfasalazine peut être efficace chez les patients qui ont une inflammation
articulaire en dehors de la colonne vertébrale.
Recommandation n° 9 : Traitements anti-TNFα
- Si les traitements précédemment signalés ne contrôlent pas la maladie de façon
suffisante, alors les anti-TNFα peuvent être proposés en accord avec les
recommandations ASAS.
- Il n’est pas nécessaire de recourir à l’utilisation antérieure ou combinée
avec un traitement de fond chez les patients qui ont une maladie limitée à la
colonne vertébrale.
Recommandation n° 10 : Chirurgie
- La chirurgie de prothèse de hanche devrait être envisagée en fonction de l’âge
chez les patients avec douleur et handicap insuffisamment soulagés par le
traitement et pour lesquels il existe des signes radiographiques de lésions
articulaires.
- La chirurgie de la colonne vertébrale peut être bénéfique pour corriger des
déformations sévères ou stabiliser la colonne vertébrale.
Référence
ASAS/EULAR recommendations for the management of ankylosing spondylitis: the patient version. Kiltz U, van der Heijde D, Mielants H, Feldtkeller E, Braun J; PARE/EULAR patient initiative group. Ann Rheum Dis. 2009 Sep;68(9):1381-6. Epub 2008 Oct 17.
Page mise à jour le lundi 12 octobre 2009