
EULAR evidence-based recommendations for the management of fibromyalgia
syndrome.
Carville SF et coll. Ann Rheum Dis 2008;67:536-41
Les recommandations sont résumées dans la section des
fiches pratiques.
La fibromyalgie est une affection particulièrement courante, et l’EULAR a ainsi
souhaité mettre en place un groupe de travail multidisciplinaire pour élaborer
des recommandations concernant la prise en charge de cette affection.
Dix-neuf experts représentant 11 pays européens ont analysé tout d’abord
l’ensemble des données de la littérature (jusqu’en décembre 2005), puis ont
établi 10 recommandations (avec leur niveau de preuve et le niveau de force de
la recommandation).
L’analyse de la littérature a initialement identifié 508 publications. Six
recommandations concernent la fibromyalgie en général et 4 sa prise en charge
pharmacologique. Ces dernières recommandations sont les suivantes :
- le tramadol est conseillé pour la prise en charge de la douleur dans la
fibromyalgie (Ib/A) ;
- d’autres antalgiques tels le paracétamol ou certains opioïdes mineurs peuvent
aussi être envisagés dans le traitement de la fibromyalgie. La corticothérapie
et les opioïdes forts ne sont pas conseillés (IV/D) ;
- les antidépresseurs tels l’amitriptyline, la fluoxetine, la duloxetine, le
milnacipran, le moclobemide et le pirlindole réduisent la douleur et améliorent
la fonction et ainsi sont conseillés pour le traitement de la fibromyalgie (Ib/A)
;
- le tropisetron, le pramipexole et la pregabaline diminuent la douleur et sont
ainsi recommandés pour la prise en charge thérapeutique de la fibromyalgie (Ib/A).
Tendinous disorders attributed to statins: a study on
ninety-six spontaneous reports in the period 1990-2005 and review of the
literature. Marie I et coll. Arthritis Care
Res 2008;59:367-72
Les statines sont aujourd’hui très fréquemment utilisées dans le
traitement des hypercholestérolémies. Quelques observations ponctuelles ont
préalablement souligné leur possible iatrogénie tendineuse. Si les statines sont
aujourd’hui connues pour leur iatrogénie musculaire, ce travail de la
pharmacovigilance française avait pour objectif d’analyser les observations
rapportées de possible iatrogénie tendineuse.
Il s’agit d’une étude nationale rétrospective conduite entre 1990 et 2005. Cent
quinze cas ont été identifiés et 96 retenus avec lien de causalité possible. Le
nombre de rapports est de 8 entre 1990 et 1995 pour passer à 32 entre 1996 et
2000 et 56 entre 2001 et 2005. Ces tendinopathies sous statines représentent
ainsi 2,09% des effets indésirables déclarés de ces traitements. Il s’agit de 67
hommes et 27 femmes, âgés en médiane de 56 ans. La principale comorbidité est le
diabète dans 7 cas. Quinze sujets pratiquaient régulièrement un sport. Onze
avaient déjà des antécédents de tendinite (9 fois sur 10 de tendinite
d’Achille). Le délai médian d’apparition des symptômes après initiation du
traitement est de l’ordre de 8 mois (243 jours / de 0 à 5 659 jours). Dans 59%
des cas, les symptômes apparaissent au cours de la première année de traitement.
La symptomatologie tendineuse s’est révélée dans 21 cas avec une rupture ;
rupture qui est survenue dans un deuxième temps chez 12 patients. La principale
localisation est le tendon d’Achille (n = 50), puis le tendon rotulien (n = 14),
les épicondyliens (n = 9), le tendon du brachial antérieur (n = 7), les tendons
fléchisseurs ou extenseurs des doigts (n = 5). Chez 26 patients (41,3% des cas),
la symptomatologie est d’emblée bilatérale. L’évolution a été deux fois sur
trois favorable à l’arrêt des statines et sous traitement symptomatique avec
repos (amélioration en moyenne en 3 semaines). Chez 36 patients (37,5% des cas),
l’évolution a été jugée plus sévère (17 patients ayant dû être hospitalisés).
Toutes les statines sont incriminées : atorvastatine (n = 37), simvastatine (n =
31), pravastatine (n = 22), fluvastatine et rosuvastatine (5 cas chacun). A
noter dans 7 cas, une tentative de reprise de statines avec récidive dans tous
les cas de la symptomatologie tendineuse. La revue de la littérature (Medline)
ne retrouvait alors que 43 observations (principalement sous simvastatine).
Serum uric acid is an independent predictor of all-cause mortality in patients
at high risk of cardiovascular disease
Iochimescu AG, Brennan D, Hoar BM et coll. Arthr. Rheum. 2008; 58: 623-30
L’uricémie de 3 098 patients (2 003 femmes et
1 095 hommes) a été mesurée ; il s’agissait d’une consultation de prévention de
maladies cardio-vasculaire. 43% des patients avaient une maladie
cardio-vasculaire. Il y a eu 156 morts (5%) pendant la période de surveillance
de 7,6 ans. L’uricémie s’élevait avec l’âge chez la femme mais pas chez l’homme.
L’uricémie était plus élevée chez l’homme, chez les patients avec des
antécédents de maladie coronaire, ayant un diabète, chez les sujets traités par
les diurétiques ; il y avait une corrélation avec la circonférence de la taille,
avec les triglycérides et inversement avec la cholestérolémie HDL. L’uricémie
corrélait avec la créatininémie, l’homcystéinémie. Pour 10 mg d’augmentation de
l’uricémie, il y avait une élévation de 39% du risque de mortalité. Après prise
en compte de l’âge, du sexe, du tabagisme, de la consommation de boissons
alcoolisées, de l’index de masse corporelle, de la circonférence de la taille,
du taux de la cholestérolémie et de la glycémie, l’uricémie était associée à une
augmentation du risque de mortalité à 1,26, indépendamment de l’utilisation de
diurétiques. L’hyperuricémie est donc un facteur de risque indépendant de
mortalité chez les patients à risque cardio-vasculaire.